MÉDIATIONS CULTURELLES

Dans le cadre de ma résidence territoriale au Théâtre Louis Aragon à Tremblay en France, j'ai eu l'occasion de questionner ma manière de créer en rencontrant différents groupes d'élèves. Les actions culturelles sur l'année 2020 se sont organisées autour de trois lieux, le collège Gérard Philipe à Aulnay-sous-Bois, le collège du parc des Tourelles à Claye Souilli et le lycée Blaise Cendrars à Sevran. 

 

LES MOTS AU CREUX DES MAINS

La classe d'UPEAA (unité pédagogique pour élèves allophones arrivants) accueille des élèves de plusieurs pays, Moldavie, Ukraine, Italie, Maroc, Côte d'Ivoire, Serbie, Egypte et bien d'autres, et les accompagne dans l'intégration de classe dites "banales" de la 6ème à la 3ème. J'ai rencontré l'enseignante Fanny Malterre qui se charge depuis de nombreuses années, non seulement, d'apprendre le français à ces élèves mais aussi de leur faire découvrir des pratiques artistiques comme le théâtre.
Tout au long de nos rendez-vous, des élèves venaient et partaient selon leur progression en français et dans les autres matières.


J'avais l'envie de faire un projet vidéo qui permettait ce roulement de participants et faire un "focus" sur ces mains qui nous sont essentielles lorsqu'on ne communique pas la même langue. J'ai demandé à Marie Marcon de capter les rencontres pour qu'on puisse réaliser un film de ce projet et avoir une trace de toutes les personnes qui y participeraient. L'enjeu était de taille.

J'ai vu petit à petit des élèves prendre confiance, proposer des gestes pour qu'on essaye de comprendre tou.te.s ensembles ce qu'ils voulaient dire et quels mots on pouvait poser dessus. Les mêmes gestes résonnaient différemment selon les pays d'origine, on ne les traduisaient pas de la même façon. Il y a eu des moments magiques de rire, de communication avec la danse là ou les mots avaient véritablement leurs limites. Je suis très reconnaissante de ce processus qui m'a mise également face au fait que nos interventions artistiques auprès de ces enfants est un espace de liberté, d'ouverture et de curiosité pour elleux.

Même les réticent.e.s au début, celles et ceux qui préfèrent rester assis.e.s, collé.e.s au rideau, qui se sentent perdu.e.s, qui se réfugient dans le rire quand on leur donne de l'attention, tou.te.s repartent forcément avec quelque chose, peut être qui sera oublié ou gardé quelque part au chaud dans la mémoire. 

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Le silence d'après

Le but de mon intervention avec ces deux classes de 6ème et 5ème de l'AS danse guidée par Eléonore Feinrich était de créer une pièce. J'avais l'envie de donner tous les outils de la création dont je disposais et de stimuler leur capacité à faire des choix et de les comprendre dans le processus de fabrication d'un spectacle.
Nous avons passé la première séance à discuter. C'était intense, touchant, la parole circulait rapidement et de façon très fluide. Le thème du harcèlement scolaire a émergé très vite. Les témoignages ont été confiés et j'ai réellement senti qu'un espace de bienveillance et d'écoute se mettait en place. Ces deux heures autour d'une table ont été déterminantes pour la suite du travail. Le premier exercice que je leur ai demandé de faire a été d'écrire le spectacle qu'iels imaginaient. 

Les rencontres s'organisaient en session de deux heures. On commençait toujours pas s'assoir en cercle, raviver les mémoires des séances précédentes et réfléchir à comment travailler et pourquoi. Mon rôle a été garder les objectifs 
Après 20h de travail, les élèves se sont retrouvé.e.s au plateau du Théâtre Louis Aragon pour préparer la représentation de leur création dans le cadre de CQFD. Une grande découverte pour certain.e.s.